Le Lussacois : un pays de vignerons aux portes de Saint-Émilion
Au nord-est de Saint-Émilion, la route quitte le plateau de la Dordogne et entre dans un pays de vignes, de pierres claires et de vallons : le Lussacois. Le bourg de Lussac en est le centre naturel. Autour de lui s’étirent des villages qui partagent la même histoire viticole, entre la vallée de l’Isle au nord et celle de la Dordogne au sud.
Lussac, bourg de caractère au milieu des vignes
Lussac compte un peu plus de 1 100 habitants (1 151 au recensement de 2023) sur 23 km² de coteaux presque entièrement plantés. La commune est située dans le vignoble de Lussac-Saint-Émilion, et elle vit au rythme de la vigne, qui reste sa première ressource économique : le paysage ne laisse aucun doute sur la question.
Le village se visite à pied en une heure. L’église Notre-Dame, romane du XIIe siècle, occupe le centre ; le château de Lussac, édifié en 1876 au cœur du bourg, domine les toits ; plus bas, la maison du vin occupe un manoir de la fin du XVIIIe siècle qui a successivement abrité la mairie, la gendarmerie et une école, avant de devenir le lieu de dégustation du syndicat viticole. De quoi comprendre, sans sortir du village, ce qu’est un pays né de la vigne.
Un pays de huit villages
Le Lussacois historique se reconnaît encore dans une carte : il correspond aux huit communes qui ont formé de 2005 à 2012 la communauté de communes du Lussacais, dont Lussac était le siège. Depuis 2013, elles ont rejoint la communauté de communes du Grand Saint-Émilionnais, qui regroupe 22 communes autour de Saint-Émilion. Mais le sentiment d’appartenance au pays de Lussac reste vif, et c’est lui qui guide le visiteur.
- Montagne (1 510 habitants), la plus peuplée, aligne trois églises classées monuments historiques et l’écomusée du Libournais
- Puisseguin garde, au hameau de Monbadon, un château féodal et une église romane ; la Barbanne, le ruisseau qui sépare les satellites de l’appellation Saint-Émilion, y prend sa source
- Petit-Palais-et-Cornemps, traversée par le 45e parallèle, possède une église Saint-Pierre du XIIIe siècle dont le tympan est classé monument historique depuis 1846
- Néac (331 habitants), la plus petite du groupe, s’étire le long de la Barbanne ; ses vins relèvent de l’appellation voisine Lalande-de-Pomerol
- Les Artigues-de-Lussac sont nées en 1869 d’une partition des communes de Lussac et de Montagne ; l’ancienne abbaye de la Faise, fondée au XIIe siècle, y conserve son aile claustrale
- Francs et Tayac, aux confins orientaux du pays, complètent le tour du territoire
Aux portes de Saint-Émilion
Le pays se trouve à une dizaine de kilomètres au nord-est de Saint-Émilion, dont le paysage viticole est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1999. C’est à la fois la chance et la discrétion du Lussacois : tout proche des grandes étiquettes, il a gardé des routes tranquilles, des bourgs sans boutique de souvenirs et des dégustations qui se font souvent directement chez le vigneron.
Côté pratique, la gare de Saint-Émilion, sur la ligne TER Bordeaux-Bergerac-Sarlat, est le point d’accès le plus simple pour qui vient sans voiture. À vélo, la Scandibérique, itinéraire français de l’EuroVelo 3, traverse le Libournais et permet de rejoindre le secteur par les routes de vignes.
Le printemps, quand les rangs fleurissent, et l’automne, pendant les vendanges, sont les deux plus belles saisons pour prendre le pays par les chemins. Les vendanges, justement, animent les villages de septembre à octobre : laissez-vous guider par les remorques pleines de raisins et le bruit des sécateurs, c’est le spectacle local par excellence.
Pour la suite de la visite : le patrimoine du Lussacois, les balades et randonnées du pays et, pour comprendre les étiquettes, le guide des appellations du Lussacois.
En images
Photos