Les appellations du Lussacois : Lussac-Saint-Émilion et ses voisines
Lire une étiquette dans le Lussacois demande un petit effort : le nom de la commune y est presque toujours suivi de celui de Saint-Émilion. Lussac-Saint-Émilion, Montagne-Saint-Émilion, Puisseguin-Saint-Émilion, Saint-Georges-Saint-Émilion : quatre appellations d’origine contrôlée entourent le vignoble de Saint-Émilion, de l’autre côté du ruisseau de la Barbanne. On les appelle les satellites de Saint-Émilion.
Un droit gagné devant les tribunaux
Ce n’est pas un hasard si ces villages peuvent accoler le nom prestigieux de leur voisin. Dès les années 1920, les vignerons de Lussac font reconnaître par la justice un usage ancien : celui d’associer leur production au renom de Saint-Émilion. Un arrêt de la cour d’appel de Bordeaux, rendu en 1923, confirme le droit des vins de Lussac à porter ce nom composé. Les appellations sont ensuite officialisées par décret, celui du 14 novembre 1936 créant notamment les AOC Lussac-Saint-Émilion et Montagne-Saint-Émilion.
Lussac-Saint-Émilion, la plus septentrionale
L’appellation Lussac-Saint-Émilion couvre la seule commune de Lussac, sur de l’ordre de 1 400 hectares de vignes. C’est la plus septentrionale des quatre satellites : plantée sur des coteaux argileux et calcaires dont les hauteurs dépassent 80 mètres, elle produit uniquement des vins rouges, dominés par le merlot. Le cabernet franc complète la plupart des assemblages, le cabernet sauvignon et le côté n’y tenant qu’une place secondaire. Les hauteurs de la commune, moins chargées en vignes, offrent de belles vues sur les vallons du pays.
Montagne-Saint-Émilion, la plus vaste
Au sud-ouest, Montagne-Saint-Émilion est la plus étendue des satellites, avec environ 1 500 hectares de vignes autour du village de Montagne, à une poignée de kilomètres de Saint-Émilion. Son cahier des charges autorise, à côté du merlot et des cabernets, le côté et le carménère ; seul le premier y est encore réellement planté. Montagne a aussi une histoire administrative singulière : en 1973, la commune a absorbé les villages voisins de Saint-Georges et de Parsac, et l’ancienne appellation Parsac-Saint-Émilion a alors rejoint Montagne-Saint-Émilion.
Puisseguin et Saint-Georges, les deux plus discrètes
À l’est, Puisseguin-Saint-Émilion s’étend autour du village de Puisseguin, vers les collines qui annoncent Castillon. C’est la plus orientale des satellites. Enfin, Saint-Georges-Saint-Émilion est la plus petite du groupe : elle tire son nom de l’ancienne commune de Saint-Georges, rattachée à Montagne en 1973, et son terroir, perché sur l’un des points les plus élevés du vignoble de la rive droite, est réputé pour ses sols bien drainés. Plus à l’est encore, au-delà de Puisseguin, s’ouvre le vignoble des Côtes de Bordeaux, qui entoure Castillon-la-Bataille.
Ce qu’il faut retenir en dégustant
Quatre appellations, un même caractère : des rouges de la rive droite de la Dordogne, où le merlot est roi, souvent plus souples et plus immédiats que ceux de Saint-Émilion même. Les sols argileux et calcaires, la maturité précoce du merlot et des étés chauds donnent des vins fruités, capables de se garder une bonne décennie quand le millésime le permet.
Pour goûter sans courir les rendez-vous, poussez la porte de la maison du vin de Lussac, installée dans l’ancien manoir du syndicat viticole au cœur du village : les crus de la commune se dégustent et s’achètent sur place. Beaucoup de châteaux du secteur accueillent aussi le visiteur en saison, souvent sans rendez-vous, mais un appel avant de monter l’allée reste la meilleure politesse.
Pour le reste du pays : la présentation du Lussacois, son patrimoine et les balades au milieu des vignes.
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