Le patrimoine du Lussacois : églises romanes, châteaux et mémoire gallo-romaine
Le Lussacois n’a ni cathédrale ni château de la Loire. Son patrimoine se cueille de village en village : églises romanes aux portails sculptés, châteaux bâtis par des négociants devenus propriétaires de vignes, et quelques traces bien plus anciennes, de la villa gallo-romaine à l’abbaye cistercienne. Visite guidée de ce qui se voit vraiment, et se vérifie.
Lussac, entre église romane et châteaux du XIXe
Le village conserve son église Notre-Dame, édifiée au XIIe siècle dans le style roman, remaniée au XIVe puis dévastée en 1587 par les troupes huguenotes. Restaurée dans la seconde moitié du XIXe siècle, elle reçoit alors un clocher à flèche dans le goût du cardinal Donnet, qui marqua de son empreinte tant d’églises girondines.
Juste à côté, le château de Lussac dresse ses façades au-dessus des toits du bourg : il a été construit en 1876 pour Gascon Montouroy. Le domaine viticole qui l’entoure est toujours en activité.
À l’est du bourg, au milieu d’un vignoble, subsistent les vestiges d’une villa gallo-romaine dite villa de Luccius. C’est d’elle, et du nom de son propriétaire Lucius, que viendrait le nom même de Lussac : un beau fil à tirer entre l’archéologie et le cadastre actuel. Enfin, le lavoir double et la fontaine du XIXe siècle rappellent la vie du village d’autrefois.
Montagne, trois églises classées et l’écomusée
La commune de Montagne, qui a absorbé en 1973 les villages voisins de Saint-Georges et de Parsac, cumule trois églises classées au titre des monuments historiques : Saint-Martin, classée dès 1908, Saint-Georges, classée en 1920, et Notre-Dame de Parsac, classée en 2002. Trois édifices pour trois paroisses, témoins d’un peuplement médiéval dense que la seule vigne, aujourd’hui, occupe presque entièrement.
Montagne abrite aussi l’écomusée du Libournais, qui raconte la vie rurale et viticole du pays. Ses collections et ses bâtiments anciens en font une étape logique pour comprendre le territoire avant d’arpenter ses chemins.
Puisseguin et Monbadon, le versant féodal
Sur la commune de Puisseguin, le hameau de Monbadon concentre l’essentiel du patrimoine : une église romane, Saint-Martin, inscrite au titre des monuments historiques depuis 1925, et un château de Monbadon dit château féodal, qui domine le vallon. La tradition fait remonter l’histoire du site au IXe siècle, quand Seguin, lieutenant de Charlemagne, s’installe dans le pays et entreprend d’y construire un château ; au XIVe siècle, la petite châtellenie de Puisseguin passe à la famille d’Albret. Le bourg de Puisseguin possède lui aussi son église, Saint-Pierre, dont le portail roman est classé monument historique depuis 1914.
Les églises du pays, un inventaire à ciel ouvert
Classée au titre des monuments historiques dès 1846, l’église Saint-Pierre de Petit-Palais-et-Cornemps possède un tympan sculpté du XIIIe siècle qui vaut à lui seul le détour. Sa voisine Notre-Dame de Cornemps date du XIIe siècle. Plus loin, l’église Saint-Martin de Francs, classée en 1908, et celle de Néac, dédiée à saint Brice avec son clocher-porche, complètent l’inventaire. Quant aux Artigues-de-Lussac, elles abritent l’ancienne abbaye de la Faise, fondée au XIIe siècle par les cisterciens : il n’en reste que l’aile occidentale du cloître, inscrite aux monuments historiques, mais le plan de l’église abbatiale reste visible au sol après les fouilles. L’écrivain et académicien Maurice Druon y est inhumé.
Le conseil du guide : ne cherchez pas le monument unique. Le patrimoine du Lussacois se lit en boucle, une église après l’autre, comme le font les circuits du pays.
Pour préparer la visite : la découverte du Lussacois, les balades entre vignes et moulins et le guide des appellations du pays.
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