Aux Artigues-de-Lussac, quatorze élus sur quinze ont démissionné
Quatorze des quinze élus du conseil municipal des Artigues-de-Lussac ont déposé leur démission. Seule la maire, Sophie Delcourt, reste en place. Le déclencheur : sa candidature aux élections sénatoriales, à la troisième place sur la liste conduite par la députée Edwige Diaz (Rassemblement national), annoncée sans prévenir ses colistiers.
Élue en mars 2026 sur une liste d’union sans étiquette, l’édile s’est ainsi retrouvée en campagne à l’insu du conseil qu’elle présidait. Les conseillers avaient d’abord annoncé se désolidariser de cette initiative, puis avaient demandé à la maire de quitter ses fonctions. Devant son refus, ils ont franchi le pas et remis leur démission fin septembre.
Toutes ont été actées par la maire, qui fait appel aux suivants de liste là où il y en a encore. Les démissions des adjoints, elles, doivent être validées par la préfecture. Le constat de vacance d’un tiers des sièges ne fait plus de doute.
Vers une élection municipale
La suite est mécanique : une élection municipale partielle intégrale devra se tenir, pour élire l’ensemble du conseil, comme cela s’était produit à Lussac fin 2024. Dans un courrier adressé à la population, Sophie Delcourt appelle à la rejoindre pour monter une nouvelle liste, présentée comme sans étiquette.
Le village, lui, a connu une stabilité rare : trois maires, Jean Lacroix, Jean Trocart et Jean-Pierre Quet, y ont siégé un quart de siècle chacun.
Ce que cela change pour Lussac
Les deux bourgs sont limitrophes et partagent la même vallée, les mêmes services de proximité et la même intercommunalité, le Grand Saint-Émilionnais. Un conseil réduit à sa seule maire laisse des commissions à recomposer et des dossiers d’intérêt commun en attente jusqu’au nouveau scrutin.
Le déroulé de la crise est retracé dans notre article du 26 septembre, celui du 28 septembre revient sur le résultat des sénatoriales, et la réponse de la maire se lit dans celui du 2 octobre.