Aux Artigues-de-Lussac, 14 des 15 élus ont déposé leur démission

Vue du village des Artigues-de-Lussac, dans le Libournais
Photo : Bastien.pierre, CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)

Le bras de fer aura duré dix jours. Aux Artigues-de-Lussac, commune d’environ 1 150 habitants limitrophe de Lussac, quatorze des quinze élus du conseil municipal ont annoncé leur démission, rapporte Sud Ouest vendredi 25 septembre au soir. Majorité et opposition confondues, ils avaient demandé à la maire, Sophie Delcourt, de quitter ses fonctions ; elle avait opposé une fin de non-recevoir, comme nous le racontions dans notre article du 16 septembre.

Le motif est politique. Élue en mars 2026 avec 62,87 % des voix, Sophie Delcourt figure sur la liste du Rassemblement national conduite par la députée Edwige Diaz pour les élections sénatoriales. Son équipe l’a appris tardivement, certains élus par la voie de la presse. Sud Ouest relève aussi sa présence affichée aux côtés de Marine Le Pen lors d’un meeting du 17 septembre. « Le lien de confiance est rompu », expliquent les démissionnaires, qui reprochent à leur maire une décision individuelle engageant toute la commune.

De son côté, Sophie Delcourt affirme « ne pas être encartée » et revendique la défense des communes rurales comme moteur de son engagement. Selon le quotidien régional, elle n’avait pas répondu aux sollicitations du journal vendredi soir.

Une seule élue encore en place

Sur les quinze sièges du conseil, une seule élue n’a pas déposé de lettre : la maire. Conséquence annoncée, les électeurs de la commune devraient retourner aux urnes plus tôt que prévu. Le calendrier s’y prête mal, puisque le scrutin sénatorial lui-même a lieu dimanche 27 septembre.

Pour Lussac, l’affaire compte. Les deux bourgs sont limitrophes, partagent la même vallée, les mêmes services de proximité et la même intercommunauté, le Grand Saint-Émilionnais. Un conseil municipal vidé de sa majorité à cette échelle veut dire des commissions à recomposer et des dossiers d’intérêt commun mis en attente jusqu’à la nouvelle élection.