Sénatoriales : un siège pour le RN en Gironde, la maire des Artigues-de-Lussac n'est pas élue

Vue du village des Artigues-de-Lussac, dans le Libournais
Photo : Bastien.pierre, CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)

Le scrutin sénatorial de dimanche 27 septembre a rendu son verdict en Gironde : six sièges à pourvoir, 3 743 grands électeurs appelés à voter, et une liste du Rassemblement national conduite par la députée Edwige Diaz qui obtient 709 voix, soit 19,63 % des suffrages, et le dernier siège. Pour la première fois, le département envoie une sénatrice RN au Palais du Luxembourg.

C’est peu de sièges, mais cela suffit à changer la donne pour Les Artigues-de-Lussac. Sophie Delcourt, maire de la commune, figurait en troisième position sur la liste « Au service des communes pour défendre la Gironde », derrière Edwige Diaz et Jimmy Bourlieux. Dans un département de plus de trois sièges, les sièges sont attribués dans l’ordre de la liste : un seul siège, donc un seul élu, la tête de liste. La maire des Artigues-de-Lussac n’est pas sénatrice.

Quatorze démissions et une élection à venir

L’information tombe après une semaine agitée dans cette commune d’environ 1 150 habitants, limitrophe de Lussac. Vendredi 25 septembre au soir, quatorze des quinze élus du conseil municipal, majorité et opposition confondues, avaient annoncé leur démission, comme nous le racontions dans notre article du 26 septembre. Ils reprochaient à la maire d’avoir accepté de figurer sur la liste sénatoriale du RN sans en informer son conseil, et de ne pas avoir quitté ses fonctions malgré leur demande.

Seule élue à ne pas avoir déposé de lettre, Sophie Delcourt reste donc en place, désormais à la tête d’un conseil municipal vidé. La commune devrait retourner aux urnes pour une élection municipale partielle, avec les commissions à recomposer et les dossiers en cours en suspens jusque-là.

Ce que pèse le vote des communes rurales

Au-delà du cas local, le résultat girondin mesure autre chose : le poids des maires ruraux dans ce scrutin. La liste RN est passée de 79 voix en 2020 à 709 cette année, et son unique siège suffit au parti pour disposer d’un groupe au Sénat, ce qui n’était encore jamais arrivé. Les trois autres sièges vont à la liste d’union de la droite et du centre emmenée par Nathalie Delattre, arrivée en tête avec 1 254 voix, deux reviennent à la liste socialiste d’Hervé Gillé, avec 977 voix. Les écologistes, qui détenaient un siège depuis 2020, le perdent.

Pour Lussac et le Libournais, la suite est plus concrète qu’un rapport de forces national : dans une intercommunalité où les communes de cette taille travaillent ensemble sur l’eau, les déchets ou les services de proximité, un conseil réduit à sa maire signifie un interlocuteur de moins pour un moment.