Les commerçants de Libourne lancent une carte de fidélité pour garder l'argent dans le centre-ville
Cagnotte immédiate, cartes cadeaux dématérialisées et boutiques de proximité : la nouvelle équipe de l’association Les Vitrines Libournaises a présenté ses armes lundi 21 septembre. La réunion s’est tenue dans la salle des mariages de l’hôtel de ville de Libourne, devant les commerçants adhérents et ceux qui ne le sont pas encore.
Romain Lebleu, nouveau président de l’association et gérant du bar et de la double enseigne Jeux Barjo, a dégainé ce qu’il présente comme son meilleur atout : une carte de fidélité multicommerces, portée par l’application Dailyn. Objectif affiché, retenir le pouvoir d’achat en centre-ville face au commerce en ligne et aux grandes surfaces de la métropole.
Une cagnotte qui ne sort pas du réseau
La mécanique est simple. À chaque passage en caisse chez un commerçant partenaire, le client accumule un pourcentage de cashback immédiat, quelques centimes d’euros, qui alimentent une cagnotte. Celle-ci reste utilisable un an, et surtout elle n’est pas transférable sur un compte bancaire : le client doit la dépenser chez les commerçants du réseau.
L’application propose en parallèle des cartes cadeaux, dont le solde peut être réparti entre plusieurs enseignes libournaises participantes. L’idée est d’aller chercher les comités d’entreprise des grandes sociétés du secteur, Ceva Santé Animale en tête, et les collectivités, pour qu’ils offrent ces cartes plutôt que des chèques cadeaux nationaux.
Côté commerçants, l’outil est gratuit pour les adhérents de l’association, la plateforme étant incluse dans l’adhésion. Les autres paient une commission. Les Vitrines Libournaises prennent en charge l’abonnement à la plateforme pendant deux ans pour leurs membres ; chacun finance ensuite le cashback au taux qu’il a lui-même choisi. « Plus nous serons nombreux, plus nous pourrons créer ensemble une vraie dynamique pour notre centre-ville », a résumé le nouveau président.
L’adhésion, le vrai test
Le dispositif ne fonctionne que si le réseau est dense, et ce n’est pas gagné : selon Le Résistant, certains commerçants présents n’étaient pas convaincus. Le sujet n’est pas inédit dans le Libournais. Une carte comparable existe déjà à Izon, davantage orientée vers les artisans, et à Coutras, avec un autre prestataire. Le maire de Coutras résume le chemin parcouru : les commerçants qui n’en voulaient pas hier se battent aujourd’hui pour l’avoir.