Un livre raconte la maladie de Jean-Marc Furlan, passé par Libourne-Saint-Seurin

Le stade Chaban-Delmas, à Bordeaux
Photo : TaraO, CC BY 2.5 (Wikimedia Commons)

C’est un livre sur un homme de football, écrit par celle qui partage sa vie. Dans « Jean-Marc Furlan, le don d’une vie », Cécile Traverse Furlan raconte la maladie neurodégénérative de son mari, ancien joueur des Girondins de Bordeaux entre 1976 et 1978, puis entraîneur de Libourne-Saint-Seurin et de nombreux clubs de Ligue 1 et de Ligue 2.

Les deux époux sont natifs de Sainte-Foy-la-Grande, en Gironde.

« Le football était tout pour lui »

L’ouvrage revient sur le long chemin jusqu’au diagnostic et sur la vie quotidienne du couple avec la maladie. « Le football était tout pour lui, je ne pouvais pas laisser la fin donner la tonalité de l’ensemble de sa carrière », explique l’auteure.

Elle y décrit un double isolement : celui subi par un entraîneur sorti du circuit, après la fin de son aventure à Auxerre et une période difficile à Caen, et celui qu’elle a choisi pour protéger son mari le temps de comprendre la maladie. « Au début de cette pathologie, la personne que vous connaissez est encore elle-même à 95 % », rapporte-t-elle, en évoquant les « bulles d’incompréhension » que lui avait décrites un neurologue : une désinhibition, une perte des conventions sociales, une difficulté à distinguer ce qui se dit de ce qui ne se dit pas.

La question des commotions cérébrales

Cécile Traverse Furlan rattache la maladie de son mari aux commotions et aux jeux de tête répétés de sa carrière de joueur. Elle cite le groupe de spécialistes qui étudient les cerveaux d’anciens sportifs, saisi du dossier après de nombreux examens : le verdict est revenu « parfaitement compatible » avec ce passé de footballeur.

Elle rappelle qu’à son époque, « les ballons étaient très durs et on ne se posait absolument pas la question des commotions ». Elle reste prudente sur la causalité : « Aucun neurologue ne vous signera un document affirmant à 100 % que le football est le seul responsable ».

Le livre est préfacé par Raphaël Varane, qu’elle présente comme engagé dans ce combat de sensibilisation depuis deux ans. Elle prend l’exemple de l’Écosse, où le jeu de tête est interdit à l’entraînement les veilles et lendemains de matchs, au nom d’un principe : « le doute doit profiter à la sécurité ».

Des témoignages d’anciens joueurs

La troisième partie de l’ouvrage donne la parole à d’anciens joueurs, qui racontent à sa place « la méthode Furlan ». L’ancien entraîneur ne peut plus s’exprimer sur sa carrière, explique son épouse, qui dit avoir écrit pour « rétablir la vérité » sur la place qu’a tenue le football dans sa vie. Elle rappelle aussi que son mari avait traversé deux cancers lorsqu’il entraînait Brest, sans jamais renoncer au terrain.