Bordeaux tient son cortège malgré l'interdiction

Immeubles de la rue Clément-Thomas, à Libourne
Photo : JLPC, CC BY-SA 3.0 (Wikimedia Commons)

Quinze mille cinq cents personnes, selon la préfecture de la Gironde. Le chiffre du rassemblement de samedi 24 octobre à Bordeaux est tombé en fin de journée, après un après-midi où le cortège a longtemps défilé sans incident avant que des groupes violents ne s’en prennent aux commerces du centre-ville.

Le rendez-vous était fixé à 14 heures place de la Bourse, alors que la préfète Sophie Brocas avait interdit les manifestations dans un large périmètre du centre par arrêté pris la veille. Le tribunal administratif de Bordeaux a examiné la contestation de l’intersyndicale en début d’après-midi et rejeté la demande de suspension. Le cortège est parti quand même, par le cours Victor-Hugo, la place de la République, le cours d’Albret, la place Gambetta, le cours Clémenceau et les Quinconces.

Des affrontements place Gambetta et devant la CCI

Les premiers heurts sont nés au niveau du cours de l’Intendance. Des groupes se sont détachés du cortège pour affronter les forces de l’ordre place Gambetta, puis place de la Bourse, où des individus ont tenté d’entrer dans les locaux de la chambre de commerce et d’industrie et du musée de la Douane.

Le bilan de la préfecture mentionne des jets de projectiles et de mortiers, des barricades, des feux de poubelles, et des vitres brisées au palais de la Bourse. À 20 heures, elle recensait 8 commerces dégradés ou pillés, 44 interpellations et trois blessés. Le bilan consolidé en soirée monte à 55 interpellations et 23 blessés, dont 15 parmi les forces de sécurité et 8 parmi les manifestants.

La préfecture précise que 260 policiers et 60 gendarmes étaient mobilisés, appuyés par deux engins lanceurs d’eau et deux véhicules blindés. Une trentaine de personnes ont été contrôlées dès le matin: un pistolet à billes métalliques, un lance-pierre et des masques à gaz ont été saisis.

Huit commerces, contre 81 la semaine précédente

La comparaison avec le 17 octobre tourne à l’avantage des commerçants. Ce samedi-là, 81 commerces avaient été touchés selon la chambre de commerce et d’industrie Bordeaux Gironde. Cette fois, les boutiques de la rue Sainte-Catherine étaient protégées par des panneaux de bois, et les dégâts sont restés inférieurs à ceux de la semaine précédente.

« Ces agissements, qui visent aussi bien les symboles de la République que les biens privés, témoignent de la volonté de certains individus de casser, de piller et de semer le désordre », écrit la préfète dans son communiqué. Elle apporte son soutien aux commerçants victimes des dégradations.

À quarante kilomètres à l’est, le Lussacois suit de loin

Bordeaux reste le grand rendez-vous des mobilisations girondines, à une quarantaine de kilomètres du Lussacois. Le centre-ville est resté bouclé par arrêté jusqu’au dimanche matin 8 heures, avec des opérations de police en cours dans les secteurs Saint-Catherine et Victoire une bonne partie de la soirée.